Olmesartan : notification de cas graves d’entéropathies

L’olmesartan est un anti hypertenseur de la classe des ARAII. Il rentre dans la composition, sous la forme de prodrogue, dans les princeps suivants:
– l’Alteis et l’Olmetec
– l’AlteisDuo et le CoOlmetec ( associé à un diurétique)
– Sevikar et Axeler ( associé à l’amlodipine)

La notification de cas graves d’entéropathie chez des patients sous olmésartan médoxomil ont conduit les autorités américaines (FDA) à réviser le RCP des médicaments contenant ce principe actif. L’ANSM émet des précautions d’emploi en cas de symptômes cliniques digestifs.

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) informe les professionnels de santé que des cas d’atteintes digestives de type entéropathie ont été rapportés chez des patients hypertendus traités par olmésartan.

La FDA alerte sur un risque d’entéropathie
Le 3 juillet, la FDA (Food and Drug Administration) a alerté sur le risque d’entéropathie rapporté chez les patients sous olmésartan médoxomil et a indiqué qu’une modification de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) des médicaments concernés était en cours afin d’inclure ce risque.

Ces troubles sévères digestifs peuvent se traduire par une diarrhée chronique sévère avec une perte de poids, nécessitant parfois une hospitalisation. D’autres signes cliniques peuvent apparaître, tels que des vomissements, une déshydratation avec insuffisance rénale fonctionnelle, une hypokaliémie voire une acidose métabolique.
Dans certains cas, les biopsies duodénales montrent une atrophie villositaire simulant une maladie coeliaque.
Au total, 23 cas sévères ont été identifiés par la FDA.

Un risque déjà suggéré par une étude de 2012
En 2012, une étude publiée dans la revue Mayo Clinic avait déjà suggéré la relation entre l’olmésartan et la survenue d’entéropathie.
En mai 2013, des cas de patients non malades coeliaques présentant une atrophie villositaire ont également été décrits.
Dans la plupart des cas, l’arrêt du traitement par olmésartan entraîne une amélioration des signes cliniques.

Selon la FDA, il n’a pas été détecté jusqu’à présent de cas d’entéropathies avec d’autres molécules de cette classe thérapeutique.

Une entéropathie pouvant se déclencher plus ou moins long terme
Les données actuelles montrent que l’entéropathie peut survenir plusieurs mois voire plusieurs années après le début du traitement.

Une atteinte colique et gastrique est également possible.

En attendant une évaluation plus large, les recommandations de l’ANSM
En France, des cas similaires de patients recevant de l’olmésartan ont été rapportés par un centre spécialisé.

Tandis que l’évaluation de la sécurité de ces médicaments se poursuit, l’ANSM recommande les précautions d’emploi suivantes :
demander l’avis médical auprès d’un gastro-entérologue devant un patient prenant de l’olmésartan et développant des symptômes pouvant évoquer une entéropathie ;
interrompre le traitement et remplacer par un autre antihypertenseur, si aucune autre cause expliquant les signes digestifs n’est mise en évidence.

Sources et ressources complémentaires

Cas graves d’entéropathies associés avec l’olmésartan médoxomil – Point d’information (ANSM, 12 juillet 2013)

FDA Drug Safety Communication : FDA approves label changes to include intestinal problems (sprue-like enteropathy) linked to blood pressure medicine olmesartan medoxomil (FDA, juillet 2013)

Rubio-Tapia A. and al. : Severe sprue-like enteropathy associated with olmesartan (Mayo Clin Proc., août 2012)

Souce: Vidal news

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